Fanfic t�l�charg�e depuis le site La Reine des Neiges Source : https://www.animationsource.org/reine_neiges/fr/ Titre : Tu es mon ami : le secret d'Anna Auteur : Iceman Description : L'arriv�e d'un prince � Arendelle bouleverse le quotidien de la famille royale. Anna semble le conna�tre depuis longtemps mais Elsa et Kristoff se m�fient de lui. -------------------------------------------------------------------- Le temps �tait frais et ensoleill� en cette journ�e de fin d'hiver � Arendelle. Une brise l�g�re soufflait et faisait fr�mir les premi�res feuilles d'arbres printani�res. Les villageois �taient r�unis sur la grande place et �changeaient sur leur quotidien et celui du royaume. D'autres contemplaient l'�tal de la marchande de fleurs, dont les derni�res cr�ations laissaient �chapper un parfum d�licat. C'�tait, somme toute, une journ�e des plus classiques. Mais ce jour-l�, la famille royale avait d�cid� de sortir au plus pr�s de ce paisible beau monde. Tous saluaient leur ch�re reine Elsa et son entourage quand ils passaient devant eux. Depuis qu'elle avait pris le pouvoir � Arendelle, il n'�tait pas rare de la voir quitter le ch�teau et partir � la rencontre d'un peuple qu'elle apprenait petit � petit � conna�tre. Elle suscitait l'admiration, mais aussi l'interrogation. Les villageois en savaient finalement bien peu sur elle. Mais ce jour-l�, elle ne s'occupait pas tant de la vie du royaume. La petite famille discutait plut�t de leur quotidien � eux. La vie de la famille royale �tait mouvement�e, Kristoff finissait de s'installer, Anna et lui r�fl�chissaient � fonder une famille, Olaf naviguait entre le ch�teau et le palais de glace. Soudain, ils virent un navire amarrer et se rendirent tout de suite sur le port. Anna fut choqu�e en d�couvrant l'identit� de l'invit� surprise. ANNA : �a alors ! Jannik, c'est vraiment toi ? JANNIK : Anna, cela fait si longtemps... ANNA : On ne s'est pas vu depuis combien d'ann�es, je suis s�re qu'on a plein de choses � se dire ! ELSA : Excusez-moi de vous interrompre, mais...vous vous connaissez ? ANNA : Elsa, je te pr�sente Jannik. C'est mon ami d'enfance. JANNIK : Vous devez �tre la reine Elsa, n'est-ce pas ? J'ai entendu parler de vous. Je vous souhaite de r�ussir. Et vous �tes ? KRISTOFF : Kristoff, prince d'Arendelle et compagnon d'Anna. JANNIK : Hmm...Ravi de faire votre connaissance. ELSA : Vous pourriez nous laisser seuls un moment ? JANNIK : Bien s�r, si c'est important pour vous. (Elsa emm�ne Anna � l'�cart, sur la place, pendant que Jannik et Kristoff font connaissance.) ELSA : Anna, peux-tu m'expliquer comment tu connais cet homme ? Et d'o� vient-il ? ANNA : Oh, eh ben...euh...je ne sais pas si tu dois le savoir. ELSA : Ecoute, cet homme d�barque � peine et toi, tu lui sautes dessus de joie, en disant � �a fait longtemps �, c'est que tu dois bien le conna�tre. Tu sais que tu peux tout me dire. ANNA : Bon, d'accord...En fait, j'ai connu Jannik peu apr�s la fermeture des portes. Je me sentais tellement seule qu'un jour, j'ai r�ussi � sortir du ch�teau, et je me suis perdue dans la cit�. Je me suis affol�e, et j'ai heurt� un petit gar�on. C'�tait lui. Je me rappelle qu'on a jou� un peu ensemble, puis nos parents m'ont ramen�e de force au ch�teau. Par la suite, et les ann�es d'apr�s, j'ai recommenc� ainsi, en faisant plus attention. Mais un jour, peu avant le naufrage, je l'ai cherch� partout, et je ne l'ai jamais vu. ELSA : Et tu n'as jamais su ce qu'il est devenu pendant tout ce temps ? ANNA : Apr�s ce jour, je n'ai jamais eu de nouvelles. Je me suis retrouv�e � nouveau seule. Je dois savoir pourquoi, il n'a pas pu m'oublier comme �a, on s'entendait si bien. ELSA : Je comprends. En tout cas, je suis heureuse pour toi que tu le voies � nouveau. Apr�s les explications d'Anna, qu'Elsa avait �cout� attentivement et approuv� sans sourciller, les deux sœurs rejoignirent les deux princes pr�s du navire. Eux aussi avaient longuement discut�. Kristoff �tait curieux de conna�tre cet homme qui arrivait de nulle part et qu'il observait d'un œil tr�s m�fiant, comme � l'habitude. Jannik aussi voulait en savoir plus Kristoff, qu'il ne voyait pas comme un vrai prince. Mais le prince d'Arendelle n'�tait pas du genre bavard et ouvert. Quand tous les quatre se r�unirent, un bref �change s'en suivit, puis Elsa proposa � sa petite sœur d'emmener Jannik vers le ch�teau. Elle souhaitait �changer ses ressentis avec Kristoff. ELSA : Qu'as-tu pens� de ce Jannik ? Que t'a-t-il dit sur lui ? KRISTOFF : Si je ne regarde que notre discussion, je pense qu'Anna s'est trouv� un bon ami. Il m'a l'air honn�te et sinc�re. Mais ce qui m'intrigue, c'est qu'il ne m'a pas dit d'o� il venait. ELSA : C'est peut-�tre un explorateur. Peut-�tre qu'il parcoure le monde et s'arr�te l� o� bon lui semble. KRISTOFF : Ou alors il se cache. Qui sait, on a peut-�tre affaire � un fuyard... ELSA : Ou alors il ne veut tout simplement pas nous le dire. Peut-�tre que c'est mieux ainsi. Enfin bon, tant qu'on ne sait rien, on ne peut rien dire. KRISTOFF : Et Anna ? Est-ce qu'elle t'en a dit un peu plus ? ELSA : Ben...c'est ma sœur, donc logiquement, je devrais la croire... Mais je ne sais pas...Je n'ai pas eu l'impression qu'elle me disait la v�rit�. Elle est rest�e assez �vasive. KRISTOFF : Qu'est-ce qu'elle t'a dit exactement sur lui ? ELSA : Si je me fie � ce qu'elle m'a dit, elle m'a remplac� par ce gar�on. Ce n'est pas un drame en soi, mais �a fait quelque chose de savoir qu'� un moment, Anna n'a plus autant pens� � moi. KRISTOFF : Il va falloir garder un œil sur eux. Elsa et Kristoff regardaient l'arriv�e de ce prince d'un œil intrigu� et m�fiant � la fois. Ils ne savaient presque rien de Jannik et craignaient qu'il ne vienne perturber la s�r�nit� qui avait regagn� leur famille. Pourtant, il paraissait sinc�re. Et Elsa ne souhaitait pas entraver le bonheur de sa petite sœur. *** Depuis trois jours que Jannik avait d�barqu� sur Arendelle, Anna et lui passaient le plus clair de la journ�e ensemble. Ils discutaient de tout ce qu'ils avaient v�cu durant leur s�paration, parfois � l'abri des regards indiscrets. Anna savait qui il �tait et qu'elle pouvait tout partager avec lui mais pour les autres, Jannik restait une �nigme. Elsa ne se faisait pas trop de soucis, du moment qu'il n'arrivait rien de mal � sa petite sœur ; elle avait m�me invit� Jannik � loger au ch�teau, dans l'attente d'une solution. Cela n'avait pas effac� toutes ses interrogations sur les origines de Jannik et ses intentions. Kristoff, lui, voyait toujours d'un œil dur l'intrusion de cet inconnu dans leur vie. Un jour, il profita qu'Elsa soit inoccup�e pour la prendre � parti et lui confier son ressenti. KRISTOFF : Tu ne penses pas qu'il faudrait faire quelque chose ? ELSA : Si tu parles d'Anna et Jannik, tu y vas un peu fort, je trouve. KRISTOFF : Enfin, Elsa, ouvre un peu les yeux ! Depuis que ce type a d�barqu�, Anna ne le l�che plus d'une semelle, alors qu'on ne sait rien de lui. Elle ne fait m�me plus attention � nous. ELSA : Ecoute, Anna est heureuse en compagnie de cet homme, elle ne s'est jamais plainte. N'est-ce pas l� le plus important ? KRISTOFF : Tu penses ce que tu veux mais il n'y a pas int�r�t � ce qu'on la perde. Et Kristoff s'effa�a hors du ch�teau, visiblement tr�s d��u par l'attitude d'Elsa. Sur le d�part pour tailler la glace, il aper�ut Anna et Jannik au loin, dans une des nombreuses ruelles �troites du royaume. Il ne put s'emp�cher de repenser � ce qu'il venait d'entendre venant d'Elsa, et eut envie d'agir et d'en toucher deux mots � son amoureuse, mais se ravisa en se disant que ce n'�tait pas le moment ad�quat. De son c�t�, Elsa ressassait les mots de Kristoff et pesait le pour et le contre. D'un c�t�, elle ne voyait pas de raison � ce que le jeune prince juge quelqu'un aussi vite, mais de l'autre c�t�, elle se disait qu'il tient � Anna autant qu'elle. Pendant ce temps, Anna essayait d'en savoir plus sur ce que Jannik �tait devenu. ANNA : Depuis que tu es parti, je n'ai plus jamais entendu parler de toi. Aucune lettre, aucun message. Tu n'as pas pu m'oublier comme �a. JANNIK : Non, sois rassur�e, et m�me, j'ai voulu t'�crire plusieurs fois. Mais comme je ne recevais pas de r�ponse, j'ai fini par laisser tomber. ANNA : Mais si tu m'as �crit des lettres, pourquoi je ne les ai jamais re�ues ? JANNIK : Je les ai retrouv�es des ann�es plus tard, et voil� ce qu'il en est devenu. (Jannik tend � Anna un coffret contenant toutes les lettres. Elles �taient d�chir�es en morceaux.) ANNA : Mais qui pouvait nous en vouloir ainsi ? JANNIK : Quand j'avais demand� � mon p�re pourquoi je ne recevais rien, il m'avait r�pondu que jamais je ne lui avais demand� de les envoyer. Si tu r�fl�chis bien, tu dois deviner � qui est la faute. Jannik n'avait pas besoin d'en dire plus, Anna avait devin� d'o� venait le mal qui les avait fait s'�loigner. Jannik lui expliqua lors que, ces derniers temps, son royaume �tait agit� et qu'il craignait que cela ne d�rive dans la peur et la violence, et qu'il craignait pour lui-m�me. A ce moment, Elsa intervint et demanda � parler seule � seule avec Anna, ce que Jannik laissa faire sans probl�me. ANNA : Y a-t-il encore un probl�me � propos de Jannik ? ELSA : Ne le prends pas comme �a, Anna. Je pense bien que tu appr�cies cet homme ; seulement, depuis qu'il est arriv�, on ne te voit plus. Tu portes bien plus de temps et d'attention � lui qu'� nous. ANNA : N'est-ce pas normal ? On ne s'est plus parl�s pendant dix ans, tu t'imagines que... ELSA : Et moi, alors ? Nous vivions sur le m�me toit, en plus ! Je viens � peine de te retrouver, je ne veux pas te perdre � nouveau. Et Kristoff ? Faut-il te rappeler qu'il tient � toi ? Tu ne l'as pas d�j� oubli�, quand m�me ! (Elsa sent en voyant le visage d'Anna qu'elle commence � s'�nerver) Ecoute, je suis quand m�me ta grande sœur, mon r�le est aussi de te conseiller, de t'aider. ANNA : Et moi, je dois aider Jannik. Il semblerait qu'il soit en danger. Il faut que tu me croies. (Anna explique � Elsa ce que Jannik lui avait r�v�l�, tout en veillant � cacher certains �l�ments qui auraient pu la contrarier. Elsa veut bien la croire mais quelque chose l'en emp�che encore.) ELSA : Es-tu au moins s�re qu'il dit la v�rit� ? Tu sais, en dix ans, il a eu largement le temps de changer. Tu ne sais pas forc�ment ce qu'il est devenu, ce qu'il a v�cu... ANNA : Le plus important pour moi, c'est de le prot�ger. Je peux compter sur toi ? ELSA : Oui... J'attends de voir ce qu'il en sera vraiment. *** Ce jour-l�, la reine Elsa avait d�cid� de s'isoler dans sa chambre pour s'occuper de documents importants, mais elle avait du mal � se concentrer. Visiblement, depuis l'arriv�e de Jannik, les relations entre Anna, Kristoff et elle se d�gradaient. Elle avait l'impression de compter de moins en moins pour sa petite sœur. De plus, il lui �tait presque impossible d'obtenir une discussion priv�e avec Jannik, soit il �tait avec Anna, soit il �tait introuvable. Alors qu'elle descendait et allait quitter le ch�teau pour prendre l'air, Kai l'interpella : KAI : Reine Elsa, quelqu'un � l'entr�e demande � vous parler. ELSA : Dites-lui d'attendre quelques minutes, je suis occup�e. KAI : Il insiste. Ce serait important. ELSA (soupire) : Bon... Qu'il me rejoigne en haut. Quand cet homme entre dans la chambre d'Elsa, elle voit appara�tre un imposant et �l�gant homme en uniforme, se tenant droit et l'air s�rieux. Malgr� son apparence attirante, Elsa ne se laissait pas impressionner. Son visage lui paraissait familier, comme si elle l'avait d�j� crois� quelque part. LARS : Mes honneurs, votre majest�. Je suis le prince Lars, je viens d'un royaume voisin pour vous parler de quelque chose d'important. ELSA : Et d'o� venez-vous, plus pr�cis�ment, si vous ne vous d�placez que pour une simple discussion ? LARS : Il vaudrait mieux pour vous que vous ne le sachiez pas. Vous devez �tre au courant qu'un d�nomm� Jannik a d�barqu� ici il y a une semaine. ELSA : Je suis au courant, merci. Et j'aurais pr�f�r� m'�pargner sa pr�sence. LARS : La raison de ma venue est que je connais Jannik depuis de nombreuses ann�es. Et on m'a inform� qu'il �tait venu ici comme un fugitif. Il est en quelque sorte en fuite. Pourrais-je vous demander de le prot�ger le mieux possible ? ELSA : Pourquoi ne le feriez pas vous-m�me ? LARS : Le statut de Jannik, et sa place m�me, sont en danger ; par cons�quent, je le suis aussi. Il ne faudrait pas qu'on nous d�couvre l'un avec l'autre. Les cons�quences en seraient lourdes. ELSA : Mais pourquoi Jannik et vous jouez � ce petit jeu ? Y a-t-il une raison valable � ce que cela concerne mon royaume ? LARS : Croyez-moi, il ne s'agit pas d'un petit jeu. Et je vous conseillerais d'agir au mieux pour le bien et la s�curit� de tous, et avant tout celle de Jannik et la v�tre. Sur ce, je vous remercie de l'accueil et vous adresse mes salutations les plus sinc�res. Et Lars s'effa�a et quitta la chambre d'Elsa. La reine d'Arendelle, d'habitude paisible et bienveillante, devenait de plus en plus stress�e, et cette entrevue avait tendance � l'�nerver. Quelles sont les vraies intentions de ces deux hommes ? Peut et doit-elle leur faire confiance ? Ou n'ont-ils pour seul but que de la faire flancher et fragiliser sa position ? Mais le plus insupportable dans cela, c'est que cela mettrait en p�ril sa propre famille, et notamment Anna, qui se pr�tait au jeu sans faire attention au reste. Elsa ferma sa chambre � double tour et prit de longues minutes pour ressasser tous les �v�nements depuis l'arriv�e de Jannik et r�fl�chir � ce qu'elle devait faire. Puis elle envoya ses gardes rechercher Anna, Jannik et Kristoff pour les r�unir et leur faire part de son ressenti. Jannik trouva cela normal, � son habitude ; Kristoff esp�rait qu'Elsa prenne de vraies d�cisions ; cependant, c'�tait la premi�re fois que l'on voyait Anna �nerv�e, le visage ferm�, tapant du pied. ANNA : Elsa, puis-je savoir pourquoi tu nous as convoqu�s comme �a, � l'improviste ? ELSA : Il va falloir que vous m'expliquiez tout vos plans que vous manigancez depuis plusieurs jours. JANNIK : Majest�, je vous assure que nous n'avons aucune mauvaise intention... ELSA : Je vous signale que c'est depuis votre arriv�e que tout va mal dans ce royaume. KRISTOFF : Elsa, calme-toi. Peut-�tre que Jannik va gentiment nous expliquer les raisons de sa visite parmi nous. ANNA : Elsa, on ne te reconna�t plus. O� sont pass�es ta bienveillance et ta sagesse ? ELSA : Jannik, un soi-disant proche de vous a d�barqu� comme une fleur et a pr�text� qu'un danger courait apr�s vous. Soit ; mais maintenant, pourriez-�tre plus clair ? JANNIK : Vous voulez parler de mon fr�re Lars ? ELSA : Exactement ! Et d'ailleurs, pourquoi je n'apprends que maintenant que vous �tes fr�res ? (Sur ces mots, Elsa se tourne vers Anna, qui baisse les yeux.) JANNIK : Il aurait mieux valu que je me taise. Mais si je suis l�, c'est pour une bonne raison. Elsa demanda un temps de r�flexion, et surtout de calme. La jeune souveraine �tait � deux doigts de l�cher prise et se donnait du mal pour se retenir. Quant aux trois autres, ils se regardaient mais pr�f�raient ne pas dire un mot, de peur d'aggraver les choses ; bien qu'ils �taient tous dans l'incompr�hension. Apr�s s'�tre calm�, Elsa d�clara : ELSA : Bon, j'esp�re que je comprendrai un jour ce qui m'arrive. Pour le moment, Jannik, je vous place sous la protection du royaume. Essayez de quitter le ch�teau le moins souvent possible. JANNIK : J'y veillerai. Merci pour votre bienveillance. ELSA : En revanche, Anna, je te demande formellement de ne plus l'approcher. Ai-je �t� claire ? ANNA : Pardon ? Voyons, Elsa, tu ne peux pas faire �a ! Jannik est quelqu'un de... ELSA : Maintenant, vous pouvez disposer. Kristoff, trouve une chambre pour Jannik. (Kristoff obtemp�re sans dire un mot, puis se retire et quitte le ch�teau.) ANNA : Elsa, te rends-tu compte de ce que tu fais ? ELSA : Parfaitement. Toute cette histoire commence � me monter � la t�te et je n'ai pas envie que �a se finisse mal. ANNA : Alors pourquoi m'interdis-tu d'approcher quelqu'un qui compte pour moi ? ELSA : A titre pr�ventif, et parce que j'attends encore d'en savoir plus. �a nous laissera plus de temps pour nous... (Anna s'�loigne vers sa chambre, furieuse) Anna, non, attends, s'il te pla�t... (Claquement de porte) *** Le lendemain de cette altercation, apr�s une courte nuit, l'ambiance �tait devenue pesante au sein du ch�teau. Si les domestiques poursuivaient leurs activit�s comme si de rien n'�tait, la reine Elsa, toujours la plus matinale, avait bien mauvaise mine. En v�rit�, elle n'avait pas dormi de la nuit, troubl�e par cette dispute et regrettant de plus en plus son attitude. Pour Jannik, au contraire, la nuit fut sereine. Il �tait rassur� que la reine d'Arendelle accepte de le couvrir et commen�ait � s'int�resser � elle. Quand ils se crois�rent dans le couloir principal, ils se salu�rent poliment et eurent un bref �change. JANNIK : Vous avez d� passer une mauvaise nuit. ELSA : Je ne vous le fais pas dire. JANNIK : Je pense que vous vous �tes un peu trop engag�e hier. Vous avez eu de s�v�res d�cisions, surtout vis-�-vis de votre sœur. Croyez-moi, et j'en sais quelque chose, ce n'est pas en agissant ainsi que vous la r�cup�rerez. Au contraire, vous �tes en train de la perdre. ELSA : C'est ce que je me dis aussi. Avec Anna, nous avons souvent eu des rapports compliqu�s, �tant bien diff�rentes l'une de l'autre. (Kristoff se m�le � la discussion.) KRISTOFF : Jannik, savez-vous o� pourrait-on rencontrer votre fr�re Lars ? JANNIK : Il a d� repartir dans son royaume. Il ne comptait pas s'attarder ici. ELSA : C'est justement une question que je me posais : quel �tait l'int�r�t pour lui de se d�placer pour une simple discussion ? JANNIK : Lars et moi sommes tr�s proches, on tient beaucoup l'un � l'autre. Alors quand il a appris ma fuite, il s'est tout de suite inqui�t� pour moi. Vous devriez comprendre cela, non ? KRISTOFF : Elsa, je sugg�re que Jannik m'accompagne dans les montagnes. De plus, �a te laissera du temps pour parler avec Anna. M�me si elle demandait la port�e de cette initiative, Elsa l'approuva. Et comme Kristoff le sugg�rait, elle se dirigea vers la chambre d'Anna, avec une certaine appr�hension. Elsa connaissait le caract�re de sa petite sœur, elle savait qu'elle lui en voudrait �norm�ment. Mais elle �tait consciente qu'elle avait mal agi et tenta malgr� tout la carte de l'apaisement. Quand elle toqua une premi�re fois � la porte d'Anna, elle n'obtint aucune r�ponse. Mais Elsa insista et quand elle ouvrit la porte, Anna jeta un œil vers elle, puis se retourna vers sa fen�tre, le visage ferm�. Elsa ne s'�tait pas tromp�e, sa r�action avait jet� un froid glacial entre les deux sœurs. Elle commen�ait � ressentir ce qu'a ressenti Anna des ann�es durant, et ne voulut pas qu'un tel �pisode se reproduise, alors elle insista. ELSA : Ecoute, Anna, je ne voulais pas que �a se passe ainsi... ANNA : Tu m'as fait du mal. Je t'ai connue autrement. Je croyais que tu voulais mon bien, alors pourquoi tu refuses que je passe du temps avec quelqu'un avec qui je me sens bien, justement ? ELSA : Restons calmes, s'il te plait. Je reconnais que j'ai �t� un peu trop loin avec Jannik. Seulement, rappelle-toi que tu as un homme et une sœur qui t'aiment beaucoup. Tu pr�f�res accorder plus de temps � lui qu'� nous ? Mets-toi � notre place...� ma place. �a fait beaucoup d'�v�nements en peu de temps, je n'arrive pas forc�ment � g�rer tout cela. ANNA : Je reconnais que je vous ai un peu oubli�s ces derniers temps. Vous m'�tes tous tr�s chers. Mais Jannik l'est tout autant. Il �tait tout ce que j'avais quand j'�tais petite. Je me rappelle un soir, il m'a pris par les mains et m'a d�clar� : � Tu es mon amie �. Tu n'as pas � me priver de sa pr�sence. Papa nous a s�par�s autrefois lui aussi, et rappelle-toi comment cela s'est termin�. Anna et Elsa furent alors interrompues par deux gardes qui les avertirent d'un incident grave ayant eu lieu dans les montagnes. Les deux sœurs fonc�rent dans cette direction, angoiss�es et la peur au ventre, surtout Anna, qui imaginait le pire. En arrivant sur les lieux de l'incident, Kristoff, qui avait le visage marqu� d'entailles, leur avoua qu'il n'a � rien pu faire �. Anna n'avait aucune id�e de ce qu'il �tait arriv� mais ces simples mots lui firent monter les larmes aux yeux. En s'approchant du tra�neau endommag�, � pas h�sitants, tremblant de tout son corps, Anna d�couvrit la pire des visions. Elle en hurla maladivement et se laissa �crouler sur le corps sans vie de Jannik, se d�battant vivement contre Elsa et Kristoff qui tentaient de la retenir avant de se rendre � la raison. Anna venait de perdre un �tre cher et �tait inconsolable. La princesse serra fort dans ses bras feu son ami, pleurant toutes les larmes de son corps. Ses mains rougissaient de son sang, comme la neige. Elsa ne supportait pas de voir sa sœur dans cet �tat, et invita Kristoff � se mettre en retrait, expliquant que, cette fois-ci, il fallait offrir � Anna un moment de solitude. Avant de rejoindre sa famille, Anna posa la main sur le cœur de Jannik et soupira ces mots : � Tu es mon ami �. *** En voyant Anna se relever, Elsa et Kristoff s'attendirent � ce qu'Anna vienne chercher du r�confort aupr�s d'eux, mais � leur surprise, ils se trompaient. Quand elle se retourna, Anna jeta un regard sombre vers Kristoff. Elsa et lui s'�chang�rent un regard d'incompr�hension, pendant qu'Anna avan�ait d'un pas d�termin� vers son amoureux, avant de l'attraper avec poigne par le col de son pull. Elsa, sentant que cela allait d�g�n�rer, fit deux pas en retrait, avec un regard d�sappoint� vers sa petite sœur. ANNA : Pourquoi as-tu fait une chose pareille ? KRISTOFF : Comment...attends...pardon...eh, tu crois vraiment que c'est moi qui l'ai tu� ?! ANNA : Vous �tiez seul sur le tra�neau, au beau milieu de la montagne, alors ne me prends pas pour une idiote et dis-moi pourquoi tu as fait �a ! ELSA : L�che-le ! Ma sœur, tu ne t'entends pas parler, c'est compl�tement insens�... ANNA : De toute fa�on, je voyais bien qu'il vous posait probl�me, alors vous l'avez �limin�. Mais vous avez oubli� qu'il m'�tait cher. Vous n'avez pas pens� � moi... ELSA : Pardon ? Nous n'avons pas pens� � toi ? Mais on croit r�ver, tu perds la raison ! Elsa s'approcha d'Anna et la s�para de Kristoff, mais inconsciemment, Anna lui renvoya un coup de poing dans la figure. Quand elle reprit ses esprits et s'en rendit compte, elle eut si honte qu'elle s'enfuit en larmes vers les hauteurs des montagnes. Kristoff recommanda � Elsa, qui saignait du nez, de rentrer au ch�teau mais il ne la suivit pas. Il regardait Anna s'enfoncer au milieu de la for�t en se disant qu'elle courait un grand risque. Et cela se v�rifia : en plein milieu de sa course, Anna fut attrap�e et plaqu�e au sol par une imposante silhouette. Sous la violence de l'action, Anna se cassa l'�paule. Quand elle se retourna et vit le visage de son agresseur, il lui fallut plusieurs secondes pour r�aliser qu'elle ne r�vait pas. Ce visage lui �tait dr�lement familier ; � vrai dire, elle le connaissait. Elle devina imm�diatement que c'�tait lui qui avait tu� Jannik. ANNA : Comment as-tu pu tuer ton propre fr�re ? HANS : Gr�ce � lui, je tenais enfin l'occasion de prendre ma revanche sur la vie. J'en avais assez d'�tre maltrait� depuis vingt ans, et avec toi � c�t�, je pouvais faire coup double, mais il fallait que ces imb�ciles vous s�parent. ANNA : Ils t'ont peut-�tre rejet�, avec Lars et Martin, mais ce n'�tait pas une raison pour essayer de d�truire notre amiti� ! HANS : Tu penses ! Tu croyais peut-�tre que j'allais rester sans rien faire ? Ils m'ont fait souffrir, alors je me devais de le faire souffrir �galement. Tu devrais comprendre ce que �a fait d'�tre rejet� sans raison, non ? ANNA : Tu n'avais aucune raison de leur renvoyer le mal qu'ils t'ont fait. Ce sont des b�tises de gosses ! HANS : De plus, apr�s le traitement que toi et ta sœur m'avez fait subir, et comment mes fr�res me l'ont fait payer, il �tait hors de question que l'un de nous ne retourne � Arendelle. Mais il l'a fait ! A partir de l�, il savait � quoi s'attendre. Tuer Jannik n'�tait qu'une �tape... Sur ces mots, il leva son �p�e et s'appr�ta � achever la jeune princesse, quand un grand cri se fit entendre, apr�s quoi Hans s'�choua par terre. Kristoff avait accouru vers sa bienaim�e, ayant eu un mauvais pressentiment. Anna lui sauta dans les bras, en larmes, regrettant alors ses invectives qu'elle avait tenu quelques minutes avant. Elle �tait encore sous le choc d'avoir vu la mort l'approcher. Tout le long du chemin du retour, elle se confondit en excuses, bien que Kristoff tentait de la rassurer. En arrivant au ch�teau, il confia � Elsa qu'il jugeait bon de la laisser tranquille quelque temps. Quelques jours plus tard, le corps de Jannik allait �tre rapatri� vers les �les du Sud, ainsi que celui de Hans. Dans ce cadre, Elsa avait demand� au prince Lars de faire venir un de ses navires. La reine avait reconnu son honn�tet� et son int�grit�, et avait d�s lors d�gel� les relations diplomatiques avec les �les du Sud. En �change, Lars avait envoy� � Anna une invitation � assister � la c�r�monie, invitation que la princesse avait finalement accept�e sur les conseils d'Elsa. Le moment venu, au moment d'embarquer sur le navire, Anna se confia � sa grande sœur : ANNA : J'esp�re que je vais supporter ces trois jours sans vous. ELSA : Tu as bien tenu treize ans sans moi, ce ne sont pas trois jours qui vont t'effrayer. Tu appr�hendes vraiment ce voyage ? ANNA : Mais l�, c'est diff�rent, je pars pour l'inconnu. Je ne sais pas comment je vais �tre accueillie l�-bas. ELSA : Voyons, Anna, c'est le prince Lars lui-m�me qui t'a invit�. LARS : Tout � fait. Et sachez que vous �tes la bienvenue aux �les du Sud quand vous voulez. (A Elsa) Je tiens �galement � saluer le prince Kristoff pour son courage. Finalement, gr�ce � lui, notre royaume se portera bien mieux d�sormais. ANNA : Bon. Maintenant, il faut y aller. Anna prit Elsa dans ses bras avant que le navire ne quitte le port et se dirige vers les �les du Sud. Elle promit d'�crire � sa sœur durant son s�jour, puis s'installa face au cercueil de son d�funt ami. Elle y posa d�licatement sa main, ferma les yeux et r�p�ta : � Tu es mon ami. Et tu le resteras pour toujours. �