Introduction
C'était une belle journée qui s'annonçait. Le soleil d'or chauffait de ses doux rayons le pelage d'O'Malleh, endormi contre la fenêtre fraiche. Duchesse écoutait, quant-à-elle, ses adorables petits monstres s'adonner à leurs activités respectives, à savoir: pour Toulouse la peinture, et pour Marie et Berlioz, le piano et le chant. Contrairement à leurs habitudes, ils se passèrent de chamailleries. Ils avaient grandi depuis leur dernier morceau ensemble. Marie s'affinait de jour en jour, devenant aussi belle et soyeuse que sa mère. Douce et attentive, elle mettait à application ce qu'on lui avait enseigné et ne perdait pas de vue qu'elle était une femme du Grand Monde. Berlioz, quant à lui, était devenu un chat assez grand, agile, en pleine croissance. Madame avait déjà dû changer son foulard à deux reprises tant sa croissance était rapide. Toulouse, quant-à-lui, était devenu un matoux épais et costaud que l'on évitait soigneusement de provoquer. Il n'avait pas encore perdu totalement son allure pataude, mais ses terribles crachements suffisaient à faire comprendre qu'il ne voulait pas qu'on l'embête; et on ne l'embêtait pas!
Sa peinture avait progressé. Il était déjà très doué pour représenter les traits d'Edgard, mais il était passé définitivement à autre chose. L'abstrait. Et il était maître en sa matière.
On ne parlait d'ailleurs plus d'Edgard. C'était de l'histoire ancienne. On avait tourné la page sans comprendre où il était parti et ce qu'il deviendrait. Peut-être la voiture serait accidentée, les débarrassant définitivement de lui? Peut-être serait-il transporté trèèèèès loin en avion, et ne pourrait-il plus revenir? Ou alors, il aurait pu tombé du bateau qui le transportait dans la mer et se noyer dans son coffre. Ils n'avaient pas cherché d'explications, ils avaient préféré continuer leur vie qui était devenue bien plus belle qu'avant.
Un son brisa soudain la douce musique à laquelle s'entraînait Berlioz et Marie, tirant O'Malleh de son sommeil profond, un sourire illuminé sur le visage. Cette musique leur était familière et sonnait le début de la fête! C'était bien sûr Scat-Scat et sa bande!
Les trois chatons pré-adultes prirent à peine le temps de se jeter un regard avant de se précipiter. S'il y avait bien une chose qu'ils adoraient depuis le premier jour où ils les avaient entendu, c'était ces "Cats"! Qui plus est, maintenant que Madame avait créé un endroit où ils pouvaient jouer librement, ils avaient la chance de les voir chaque après-midi, chaque soir, et ils les adoraient chaque jour un peu plus!
Tandis que les enfants s'éloignaient, O'Malleh descendit de son perchoir et vint retrouver Duchesse qui peinait à descendre du fauteuil, inquiète à l'idée de bousculer la nouvelle portée qu'elle veillerait et aimerait avec le chat qu'elle avait choisi pour être papa. Attentionné, l'ancien chat de goutière vint l'aider à descendre de son promontoire et frotta son visage contre le sien dans un doux ronronnement.
-Ils sont sages? x)
-Ce sont des perles.
-Ils tiennent de leur mère alors!
Le léger rire cristallin de la maman se fit entendre. O'Malleh sourit, attendri, amoureux. Tous deux se rendirent ensemble, doucement, voir le groupe. Aucun d'eux ne savaient qu'elle attendait de nouveaux bébés. La surprise leur serait faite. Déjà, ils pouvaient discerner les voix chantant à l'unisson:
-Tout le monde veut devenir un cat! Parce qu'un chat, quand il est Cat, retombe sur ses pattes! ...
Lorsqu'ils arrivèrent, la chanson s'était déjà bien écoulé, mais l'arrivée d'O'Malleh fut très bien intégrée:
-Olalala mes amis, quelle calamité!
La musique se stoppa et des cris de joie jaillirent des quatre coins de la pièce. Scat-Scat se précipita sur O'Malleh qui lui annonça la venue d'une nouvelle portée. Tous, ravis de l'apprendre, se mirent à jouer une chanson improvisée pour souhaiter la bienvenue aux nouveaux venus. La fête dura un moment... Loin des ennuis qui menaçaient de retomber sur les Aristochats...
Chapitre un: L'arrivée du Major d'Homme déchu...
Le voyage avait été d'une violence inébranlâble. Lorsqu'il y songeait, il avait du mal à comprendre comment il avait fait pour arriver dans cette malle sombre, secouée à tout bout de champs. Le pire, c'est qu'il lui était impossible de sortir, et que ses cris étaient masqués par le bruit horripilant du moteur de cette vieille voiture. Il commençait à désespérer. Ces bestioles étaient fortes, très fortes, mais elle ne viendrait pas à bout de lui comme ça, oh non, ça ne serait pas si facile!
Au bout de plusieurs heures qui semblèrent s'éterniser, ils finirent par s'arrêter. Il en profita pour hurler, criant jusqu'à s'en donner mal à la gorge, mais ses cris ne semblèrent pas entendus puisque les deux conducteurs allèrent manger. Il dut attendre qu'ils finissent leur repas, fondant littéralement dans sa mâle, avant d'entendre à nouveau des pas et de se mettre, cette fois, à tambouriner des pieds contre les murs de sa prison. Il fut cette fois entendu, et les deux hommes vinrent lui ouvrir la porte, choqués, surpris. Ils le détachèrent et lui demandèrent des explications, ce qu'il ne donna pas. Incapable de parler, il réclama à boire d'un signe de main, et tous trois s'assirent autours d'une table. Là, il pensa à porter plainte contre Madame, ayant des témoins, mais il ne recevrait pas sa fortune et il avait tout de même un minimum de respect pour elle -ou du moins, il tentait de s'en convaincre pour ne pas passer pour le méchant! Ainsi, il inventa une histoire, comme quoi il était tombé dans la malle, c'était évanoui en se cognant la tête et s'était réveillé en entendant des rires d'enfants qui l'avaient probablement enfermés. Très peu crédible mais vu que la scène l'étant tout autant que son explication, ils le crurent sur parole et ne remirent rien en question. Sympathiques, ils le ramenèrent même à Paris. Heureusement pour Edgard, il n'avait pas atteint la destination vers laquelle il avait été envoyé... sa revanche s'annonçait bien moins compliqué que ce qu'il avait imaginé...
Il rajusta la col de son habit, un sourire malicieux aux lèvres, et grimpa le chemin qui menait à la maison. La musique était suffisament loin pour que des oreilles humaines ne l'entendent pas. Il n'aurait jamais pu imaginé que Madame est fait une folie pareille: elle n'était pas assez atteinte pour ça, allons. Doucement, il toqua à la porte, avisa de nouveau son col. Intrigué, Roquefort sortit de sa demeure et grimpa le long du mur pour atteindre la fenêtre... dont il tomba à la renverse lorsqu'il aperçut leur visiteur importint! Pris de panique, il courut à la fête tandis que la propriétaire de la demeure s'avançait en hâte vers la porte. La vieille dame vint donc ouvrir, s'attendant visiblement à voir son vieil ami... Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'elle vit son ex-Major d'homme! Son visage perdit toute sa gaieté, laissant place à une surprise sans nom. Lentement, elle leva sa main à son visage et s'exclama:
-Edgard!?
-Madame... Laissez-moi m'expliquer.
Elle ne répondit pas. De toute évidence la surprise lui avait coupé le souffle, ce qui laissait l'occasion à son ancien employé de s'expliquer. Quelle excuse inventerait-il, cette fois?
-Ma vieille tante était sur son lit d'hôpital... Je suis parti dans la précipitation, omettant de vous avertir que je ne reviendrais pas avant un moment. Permettez-moi de vous présenter mes plus plates excuses, Madame.
Sa voix était hypocritement nouée, il mimait sa tristesse. La vieille femme, toutefois, tomba dans le piège et prit pitié de son ancien cher Edgard. Dans un geste très lent, elle posa sa main sur l'épaule de l'Homme et l'invita à entrer dans sa maison, à nouveau.
-Ne vous en fait pas mon cher Edgard, ce sont des choses terribles qui arrivent. J'ai hésité à engager quelqu'un d'autre à votre départ, mais bien heureusement je ne l'ai pas fait. Et vous revoilà! Mon cher Edgard. Je suis terriblement navrée pour votre
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