méchant ? »
Boris ne savait guère comment répondre. Pour lui, les loups étaient tout autant une menace que les hommes. Mais en voyant la clémence de la louve, et l’intelligence du petit, il s’était pris d’affection et avait beaucoup réfléchit.
« Beaucoup se posent la question, personne ne sait. Un être humain de mon pays a un jour dit, Le ciel était si étoilé, un ciel si lumineux, qu’à lever les yeux vers lui on devait malgré soi se demander : se peut-il que sous un pareil ciel vivent des hommes irrités et capricieux ? (Dostoïevski, Les nuits blanches de Fédor)
« Je comprends pas. »
« Il dit, que le monde est si beau, qu’il parait difficile d’imaginer qu’on puisse parfois se comporter mal. C’est pour ça que nous ne comprenons pas. »
« Tous les hommes sont comme ça ? »
« Chacun être différent Balto, certains sont des ennemis naturels, mais d’autres sont parfois, simplement cruels. »
Après un instant il reprit : « Les loups, les hommes, mangent les oies comme moi. Je n’aime pas les loups ni les hommes pour ça. » Avoua Boris. « Mais les hommes ne mangent pas les loups. Là est la cruauté. Et les loups ne devraient pas manger plus qu’il ne faut d’oie non plus. Là est l’équilibre. »
Balto s’était endormi. Boris le suivi.
Le lendemain matin, tous deux souffraient : courbatures, froid, faim, soif… Il fallait se bouger.
«Je connais un point d’eau ! » dit Balto avec enthousiasme. Boris était surpris de voir l’énergie qui émanait de cet enfant, encore sans doute sous le choc de la perte de sa mère. L’oie ne dit rien et le suivi. Sur le chemin, Boris se rendit bien compte, qu’il ne pouvait s’occuper d’un loup. Mais alors qui le ferait ?
Quand le problème de la faim se posa, Boris eut une idée.
« On n’a qu’à prendre aux humains ! » dit-il fièrement. Balto recula devant cette idée, il n’avait guère envie de voir un humain. Mais Boris insista. C’était peut-être risqué, mais c’était probablement leur meilleur moyen de survie. Boris pensa naturellement au bateau échoué.
Arrivé au lieu du navire, Boris et Balto y trouvèrent de nombreuses réserves de nourriture. Mais le navire était en piteux état.
Finalement, Boris et Balto y restaient… l’un protégeant l’autre. Par chance, Balto avait été reconnu par la population comme moitié chien, moitié loup, ce qui le protégeait relativement de la chasse. Les humains ne s’intéressaient guère plus au navire, et tous deux ont pu vivre en paix sur leur petit bateau naufragé. Boris avait vu grandir Balto comme un père. Ces deux orphelins s’étaient trouvés pour se soutenir et survivre ensemble.
La suite, vous la connaissez…ce petit Balto grandit avec un rêve, et Boris garda toujours son humour cynique, son accent russe, et son affection pour ce petit louveteau.
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