Cette histoire a été écrite dans le cadre du concours de Figa pour lequel il fallait imaginer que la Bête offrait autre chose qu'une bibliothèque à Belle.

J'ai choisi d'imaginer qu'il lui permettait de revenir huit jours chez son père, comme dans le conte original. Le déroulement de l'histoire aurait été légèrement différent, mais la fin aurait été la même que dans le dessin animé.

 

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La Bête regardait Belle se promener avec son cheval, Philibert, dans les jardins enneigés du château. Étrangement, elle se plaisait à pouvoir la contempler, simplement regarder ses mouvements, ses attitudes, ses sourires... Elle ne s'en lassait pas !

A un moment, profondément troublée, elle murmura qu'elle n'avait jamais ressenti une chose pareille auparavant... Ce sentiment qu'elle éprouvait était nouveau, encore inconnu.

 

-J'aimerais faire quelque chose pour elle ! s'exclama brusquement le prince.

 

Oui, il aurait voulu qu'elle soit heureuse, il aurait voulu lui faire plaisir. Mais de quelle manière, ça, il ne le savait pas... Se tournant vers ses fidèles Big Ben et Lumière, en quête d'un conseil, le chandelier parlant déclara qu'il fallait quelque chose d'original. Après un court instant de réflexion, il déclara :

 

-Il faut réfléchir à ce qui ferait plaisir à Belle... Qu'est-ce qu'elle aime ? Son père ! Il faudrait qu'elle puisse revoir son père !

 

La Bête se détourna légèrement, l'air sombre. Comment Belle pourrait-elle voir son père ? Après la terreur qu'elle lui avait inspiré et qu'elle ait accepté un échange entre Maurice et sa fille, le vieil homme n'avait sûrement aucune envie de revenir dans le château où lui puis sa fille s'étaient faits emprisonner, et encore moins de le revoir, lui, le monstre – chose compréhensible, dans un sens... D'ailleurs, le prince n'éprouvait guère l'envie de voir encore la terreur dans le regard du père de Belle, l'horreur qu'il avait ressenti en regardant le visage monstrueux de la Bête.

Mais il voulait vraiment faire plaisir à la jeune femme, et si lui faire revoir son père était le moyen pour cela, il devait considérer la question.

 

Sans répondre à la suggestion de Lumière, il rentra à l'intérieur du château et s'isola dans l'aile ouest, dans la large pièce aux meubles fracassés par les nombreuses colères de la Bête. Il s'assit tout en fixant la rose magique qui, sous sa cloche de cristal, commençait déjà à se ternir, certains de ses pétales menaçant de se décrocher sous peu, et il réfléchit.

 

 

Le lendemain, la Bête sortit de ses appartements et alla voir Belle, à qui il demanda quel était son plus cher désir. Elle lui répondit, l'air triste, qu'elle aurait souhaité revoir son père.

A ces mots, le prince ensorcelé baissa légèrement la tête, puis ouvrit la gueule pour lâcher quelques mots :

 

-Un carrosse vous conduira chez votre père, et il reviendra vous chercher dans huit jours. Emportez tout ce que vous voulez.

 

-Comment ? murmura Belle, peinant à croire ce qu'elle venait d'entendre.

 

-Vous pourrez aller le voir de temps en temps, si vous le désirez, répéta la Bête.

 

Prononcer ces simples mots la rendait triste, car non seulement il ne verrait pas la jeune femme pendant huit jours, mais en plus – et surtout –, qu'est-ce qui la forçait à revenir une fois les huit jours écoulés ? Mais, sans trop savoir pourquoi, il avait décidé de s'en remettre à Belle. Il lui faisait confiance. Il avait bien conscience qu'il ne la reverrait peut-être jamais, mais tant pis. Et puis, il voulait son bonheur, au fond... Bien qu'il aurait préféré le faire tout en gardant la jeune femme près de lui.

Belle se leva en le remerciant du fond du cœur, les yeux brillants. Elle partit bien vite dans sa chambre prendre ses affaires et, après avoir salué et remercié encore une fois la Bête, elle monta dans le carrosse qui se mit aussitôt en marche pour l'amener dans sa petite maison, près du village...

 

 

Dès que le carrosse enchanté s'arrêta, Belle sauta au dehors, grimpa les marches de la maisonnette et en poussa la porte. Son regard fut immédiatement attiré par une petite silhouette qui fouillait dans un tiroir, vraisemblablement à la recherche d'un quelconque objet, sans avoir remarqué l'intrusion de quelqu'un dans la maison. La cœur de la demoiselle fit un bond : c'était son père ! Elle s'avança et le serra dans ses bras, extrêmement heureuse de le revoir. Maurice, surprit, se retourna et fut abasourdi et fou de joie de retrouver sa petite fille chérie, qu'il était certain de ne jamais revoir.

Il leur fallut à tous deux un certain temps avant de pouvoir se remettre de leur émotion et d'aller s'asseoir : ils avaient beaucoup de choses à se raconter...

 

Belle lui parla de sa vie au château, des domestiques enchantés mais attachants, de la Bête qui n'était finalement pas si cruelle, puisqu'elle l'avait laissée retourner vers son père, de tous les petits détails de sa vie. Maurice lui raconta que puisque personne au village n'avait voulu le croire quand il avait raconté ce qui était arrivé à sa fille, il avait décidé de partir seul l'arracher aux griffes du monstre. Il avait passé un certain temps à préparer son expédition et s'apprêtait justement à partir au moment où Belle était rentrée.

Ils parlèrent longtemps, et le soir venu, ils partagèrent un repas simple, mais qui leur parut exquis tant ils étaient heureux de pouvoir savourer un moment ensemble. Mais après que les huit jours soient passés, le carrosse qui avait amené Belle chez elle était de retour. Elle savait qu'il était temps de repartir au château de la Bête. Maurice protesta, refusant qu'elle reparte « dans cet enfer », mais, avec tristesse bien qu'en étant décidée, elle lui expliqua que son ami – car oui, intérieurement, elle le considérait finalement comme un ami... – l'avait laissée partir en escomptant son retour quelques jours après cela. Elle se devait d'honorer sa confiance.

 

Ainsi, malgré les protestations de son père, Belle repartit.

Par la suite, la Bête l'autorisa souvent à retourner voir son père. Mais cela ne plaisait pas à Maurice, pas du tout. Il aurait voulu avoir son enfant avec lui chaque jour, non pas de temps en temps, au bon vouloir d'une bête sanguinaire ! Et bien que revoyant la jeune femme régulièrement, il souffrait et sa santé, peu à peu, se détériora.

Un soir, après avoir passé une excellente soirée en compagnie de la Bête, elle lui avoua son inquiétude à propos de son père. Le prince, après avoir compris à quel point Maurice comptait pour sa fille, la laissa partir, bien que sachant ce que cela signifiait pour lui et les habitants du château – il n'y avait plus d'espoir.

 

Et puis tout se passa très vite : Belle, en voulant montrer que son père était absolument sain d'esprit, donna à Gaston les armes nécessaires pour éliminer son rival...

Heureusement, grâce à l'amour de la jeune femme, il fut sauvé, et finalement, il retrouva forme humaine, tout comme les domestiques du château.

 

Tout était rentré dans l'ordre.  



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