Loin du village, aux pieds d’une forêt, y avait une chaumière. Cette chaumière, ayant un moulin à eau, des poules et quelques lapins habitaient aussi un homme aux inventions loufoque et une radieuse petite fille.
L’homme en question était Maurice, un inventeur qui, chaque jour, se débrouillait pour qu’une explosion peu désastreuse se passe.
Cet inventeur hors-du-commun était le père de la ravissante petite fille. Celle-ci avait le nom de Belle, qui lui allait comme un gant.
Au loin, Belle entendit les raisonnements des cloches qui sonnaient Midi. En allant au garage, où son père bricolait encore quelque chose, Belle donna des graines aux volatiles. Elle ramassa les œufs, puis couru en direction de la fumée… De l’explosion du jour, en fait.
Belle entra, déposa son panier rempli d’œufs frais sur la table pleine de poussière, puis vit son père.
- Belle, mon Enfant ! Dit-il, heureux de la voir. Il est déjà midi ?
- Oui Papa. Lui répond-elle en s’asseyant. Je vais acheter du pain, si tu veux.
- Je veux bien, Belle, mais soi prudente, surtout !
- Comme d’habitude, Papa ! Ha, et j’en profiterais pour aller voir les nouveaux livres du libraire.
Maurice acquiesça en un sourire avant que Belle ne parte en courant.
Il était si fier de sa fille. Elle lui rappelait sans cesse sa bien-aimée. Aussi gentille et aussi belle, avec une passion folle des romans de capes et d’épées…
Belle avait montée son jeune cheval, Philibert.
Au galop, donc à pleine vitesse, ils arrivèrent au bout d’un quart d’heure. Tout le village connaissait Belle, car tout le monde avait connu Rose, la mère de Belle.
Eux aussi, trouvaient que la ressemblance entre la mère et la fille était allucinante.
Belle descendit de son cheval, alla l’attacher juste en face de la librairie. Elle marcha à toute vitesse vers sa boutique préférée.
Comme d’habitude, lorsque que la jeune fille ouvrit la porte, la cloche fit un bruit sourd et résonna dans la pièce remplie de livre, mais toujours vide de monde.
- Bonjour, Belle ! Lui sourit le libraire.
- Bonjour Monsieur ! Répondit-elle avec un sourire dévoilant de magnifiques dents.
- Alors, tu as déjà fini ton livre ?
- Et comment ! Je l’ai lu deux fois, je crois que c’est mon préféré ! Il y en a de nouveaux ?
- Mais bien sûr, Belle ! Fit-il en attrapant un livre sur son bureau. Et voilà ! Je l’ai lu ce matin, je pense que tu va l’adorer !
- Merci bien ! Au revoir ! Elle prit le livre, tira la porte puis sortit comme elle est entrée, avec un sourire rayonnant.
Elle posa son livre dans une sacoche qu’avait réalisée son père. Voyant que la boulangerie était fermée, elle monta sur Philibert.
Belle allait partir, quand elle entendit un coup de fusil. Choquée, elle descendit puis alla voir. C’était un homme accompagné d’un jeune garçon, surement son fils.
Elle se cacha derrière un mur, mais l’adulte surprit la fillette. Il s’approcha vers elle.
C’était un homme ivre, qui sentait la transpiration et qui portait une chemise trouée qui laissait place à son ventre gras…
Il s’approcha de la jeune fille, et lui dit :
- Qu’est-ce que tu regardes, comme ça ?!
- Rien rien… Un garçon un peu plus grand que Belle fit son apparition. C’était le fils de l’homme au gras ventre. Il avait des cheveux noirs et des yeux bleus.
Belle ne fit guère attention à ce garçon, mais lui remarqua sa beauté… Il lui fit des clins d’œil, et sortit de sa poche une rose à moitié fanée, que Belle n’accepta pas en raison de la manière dont son père s’est comporté face à une pauvre oie sans défenses…
Blessé, le jeune homme recula. Il demanda :
- Au moins, dis-moi quel est ton nom.
- Belle…
- Moi, c’est Gaston. Belle, je ne t’oublierais pas… !
Après cette discussion instantanée, Belle remonta à cheval. Elle ne cessait de repenser à cette phrase… Je ne t’oublierais pas… Belle n’allait rien dire à son père, de peur qu’il s’inquiète.
Quelques minutes passèrent et Belle rentra dans la cuisine, où son père commençait à manger. Elle s’assied, le nez plongé dans son livre.
En face d’elle, un petit récipient duquel se trouvait un œuf, des carottes et de la salade.
Elle posa son livre en laissant bien la page ouverte, puis commença à manger.
- Savais-tu qu’il y avait des nouveaux arrivants, dans le village ? Demanda t-il à sa fille.
- Non, je ne les ai pas vu, d’ailleurs.
- Il ne vaut mieux pas ! Rétorqua t-il. On dit d’eux que c’est un père et un fils qui sont pleins de sauvagerie. Il parait qu’ils habitent en face de la librairie. C’est étonnant que tu ne les ai pas vu !
- Eux ? Ha, si, je les ai vu… Ils sont des barbares… Je les ai vus tuer une pauvre oie.
- Et eux, t’ont-ils vu ?
Comme elle s’était promis, elle dû mentir à son père afin de ne pas l’inquiéter.
- Non. Non, ils ne m’ont pas vu…
En prononçant ces mots, Belle su ce qu’ils signifiaient. Elle sentait qu’il allait la courtiser…
Un bruit soudain frappa à la porte. Sur le moment, Belle ne devina pas qui était derrière cette porte en bois. Mais après, elle su qui avait frappé comme un dingue…
Maurice ouvrit, laissant place à un garçon avec un air sournois et fier. Le garçon poussa Maurice et se dirigea vers Belle, un sourire au coin des lèvres. Belle regarda ce garçon, énervée, agacée. Elle avait oublié son prénom…
- Que fiches-tu ici, toi ? Lui demanda t – elle, interloquée.
- Je t’ai suivie, ma…
- Je ne suis pas 'ta' !
Elle s’avança vers lui, ouvrit la porte, le poussa dehors puis claqua la porte, ce qui fit tremblée toute la maison.
- Et bien, ce jeune garçon t’aime beaucoup, on dirait.
- Ce n’est pas réciproque...
Belle savait à présent ce que voulait dire ce 'Je ne t’oublierais pas'...
Ils finissaient de manger, pensant tout les deux, tranquillement...
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