Certes plein de quelques libertés, Tarzan de Disney est néanmoins bien loin de manquer de respect aux romans d'Edgar Rice Burroughs. Il s'agit peut-être même de l'une des réadaptations les plus fidèles, la série ayant repris la cité d'Opar et le côté plus fantaisiste des autres romans que le film d'origine. Il y avait matière à exploiter, il est vrai, mais qu'a choisi Disney pour rester fidèle à ses valeurs et exposer cette histoire destinées aux adultes à un public plus large, tout en gardant les questionnements soulevés par l'oeuvre originale intacts?
Petite analyse des différences entre l'oeuvre romancière et le dessin animé.
Dans la version de Disney, le méchant de l'histoire, Clayton, porte en réalité le nom original de Tarzan, que l'on ignore dans le film.
Les parents de Tarzan échouent sur la plage bordant la jungle à cause d'un bateau qui a pris feu, mais il n'est question de mutinerie qu'à la toute fin du film, lorsque Clayton tente d'embarquer les gorilles pour en faire des trophées de chasse et obtenir de l'argent.
Les gorilles sont d'une espèce réelle (bien que non précisée), et ne sont pas issus d'une espèce totalement inventée capable d'utiliser un dialecte propre. S'agit-il de la part de Disney d'une volonté de sous-entendre le braconnage réel qui sévit en Afrique ou simplement d'éviter une complexité certaine en ne partant pas dans des explications détaillées? Le terme "Tarzan" est néanmoins repris et provient bel et bien des gorilles, le terme signifiant toujours "singe blanc".
Le jeune homme ne parle pas couramment l'anglais, et n'apprend pas de lui-même. C'est Jane qui est à l'origine de cette évolution sur celui-ci, ancrant l'adaptation de Disney dans un univers déjà plus réaliste que celui des romans. Ce qu'apporte Jane à Tarzan est ainsi plus développé.
Tarzan ne quitte jamais sa jungle, et n'a pas d'enfant. Le film de Disney semble s'être arrêté bien avant les aventures du fils, qui aurait pu sous-tirer le titre de héros à son paternel.
Il n'est à aucun moment question de noirs autochtones. Le scénario du film aurait probablement été trop long, mais une tribu de ce genre est repris dans la série, tout comme la cité d'Opar et sa dirigeante, par exemple.
Enfin, Tarzan ne quitte jamais sa jungle pour visiter le reste du monde. Dans les romans d'origine et les réadaptations, l'homme-singe découvre l'Amérique, l'Angleterre, et va même jusqu'à visiter d'autres planètes ou rencontrer Sherlock Holmes. Ce passage de son histoire n'est cependant pas négligé, puisque Tarzan s'apprête bel et bien à quitter ses amis pour suivre Jane dans son monde dit civilisé.
La série le fera toutefois rencontrer, pour sa part, le président Roosevelt... Il est alors évident qu'elle rend bien plus hommage aux oeuvres d'origine que ne le fait le film qui, lui, reprend un mythe en lui rendant hommage de façon plus réaliste et noble, attestant d'une cruelle réalité mais d'une certaine beauté aussi, plutôt qu'en s'éparpillant dans une fantaisie trop complexe pour tenir en une heure et demie.



R��critures du roman originel














